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      (01/03/2026) Cheers!

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    Marillion

    Informations générales
    Pays Royaume-Uni
    Genre Rock néo-progressif, rock progressif, hard rock, new wave, pop progressive
    Années actives Depuis 1979
    Site officiel www.marillion.com

    Marillion est un groupe de rock néo-progressif britannique, originaire d'Aylesbury, en Angleterre. Fer de lance du renouveau du rock progressif, il est formé en 1979 sous le nom de Silmarillion ? nom emprunté à un roman de J. R. R. Tolkien, auteur du Seigneur des anneaux. Le nom est vite raccourci à Marillion, tandis que le groupe s'éloigne peu à peu de toute référence « folklorique » (à l'imaginaire tolkiéniste, au symphonisme du rock progressif des années 1970) pour développer une identité propre, caractérisée par une musique plus rythmique à forte dominante de guitares, les textes alambiqués, la voix et la prestation scénique du chanteur Fish, puis de son successeur Steve Hogarth et crée le style dit « rock néo-progressif » avec d'autres formations britanniques telles que Pallas, Pendragon, IQ, ou Twelfth Night.

    Facilement qualifiée à ses débuts par la presse de « clone de Genesis », la recherche mélodique qui caractérise le groupe et la complexité des morceaux dépassant souvent les 8 à 10 minutes, alliée au charisme de son chanteur Fish et ses prestations théatrales lui valent les grâces du public. Le succès de Marillion, d'abord essentiellement cantonné au Royaume-Uni, s'étend à l'Europe entière conquise en 1985 par l'album Misplaced Childhood, album-concept à caractère autobiographique. Cette première période culmine en 1987 avec le très rock et désenchanté Clutching at Straws, qui se solde par le départ de Fish pour des raisons relationnelles et de conflit avec le management du groupe. À partir de 1989 et l'arrivée de Steve Hogarth au chant, une seconde période voit la mise en œuvre d'un son parfois plus pop-rock (Holydays in Eden, 1991), parfois plus sombre (Brave, en 1994). La troisième période débute en 1997, tandis que le groupe se sépare de son Manager et d'EMI pour passer en autoproduction et développer avant tout le monde un modèle de financement participatif original, les fans pré-finançant désormais les albums et tournées du groupe. Il s'agit d'une période en demi-teinte d'un point de vue commercial, mais très riche musicalement, malgré un aspect parfois inabouti et incompris (Radiat10n, marillion.com), dépassé par des albums emblématiques du groupe tels l'album-concept Marbles sorti en 2004, Sounds that Can't Be Made en 2012 ou F.E.A.R en 2016. Marillion connait ainsi avec ses derniers albums un retour en grâce auprès d'un public élargi, lui permettant, après des années d'underground, de renouer avec le succès populaire et les salles de grande capacité.

    Avec des ventes estimées aujourd'hui à plus de 15 millions d'albums, Marillion est un groupe totalement indépendant, qui a su, à travers Internet, s'affranchir du soutien des médias officiels et des maisons de disque ou distributeurs pour composer et diffuser sa musique, dans une totale liberté d'écriture.

    Biographie

    Débuts et premiers succès (1979-1981)

    Le groupe est fondé en 1979 à Aylesbury, une petite ville au Nord-Ouest de Londres dans le Buckinghamshire par le batteur Mick Pointer et le bassiste Doug Irvine, seuls survivants du groupe Electric Gypsy, une formation locale jouant essentiellement des reprises et fondé en 1977. Ils sont très vite rejoints par le claviériste Brian Jelliman et le guitariste Steve Rothery. La nouvelle formation ne s'appelle pas encore Marillion mais Silmarillion et ne joue pour l'instant que des compositions instrumentales s'inscrivant dans la veine du Rock Progressif (Mick Pointer délaisse parfois ses baguettes pour jouer également de la flûte traversière), faute de n'avoir pas encore de véritable chanteur, bien que le bassiste Doug Irvine s'essaye parfois au micro. Silmarillion enregistrera entre octobre 1979 et novembre 1980 au Enid's Studio (Herford) et Leyland Hill Farm Studio (Gawcott) quatre démos mêlant titres chantés et instrumentaux (The Haunting of Gill House, Herne the Hunter, Scott's Porridge, Close, Lady Fantasy, The Tower, et Alice en différentes versions), uniquement utilisées comme support interne de travail et non diffusées en dehors du groupe . La formation décide alors de raccourcir son nom en Marillion. Le bassiste Doug Irvine, fatigué de rester à végéter, quitte finalement en novembre 1980 le groupe qu'il avait co-fondé, conduisant Marillion à devoir recruter un nouveau bassiste susceptible d'assurer également les vocaux. En décembre 1980, un jeune chanteur écossais fatigué d'enchaîner les emplois sans lendemain, Derek William Dick alias Fish, passe une audition devant les membres du tout nouveau Marillion. Bien que ne jouant pas de la basse, sa voix et son charisme impressionnent les musiciens qui décident de l'engager immédiatement, d'autant que Fish compose et arrive avec ses propres textes, alors que le Silmarillion originel n'avait pas de parolier. Il améliore très vite le répertoire du groupe et propose comme bassiste son vieil ami, Diz Minnitt. Ce Marillion new-look désormais composé de 5 membres donne son premier concert officiel avec Fish au micro le 15 mars 1981 au pub The Red Lion, Bicester, Oxfordshire, devant une quinzaine de personnes,.

    Marillion édite alors rapidement son premier vrai enregistrement audio, The Roxon Tape, une K7 démo de 3 titres de 15 minutes (He knows you know, Garden Party, et Charting the Single) produite par Les Payne en juillet 1981. Initialement tirée à 400 exemplaires uniquement à des fins de support promotionnel envers la presse et les maisons de disques, cette démo sera ensuite diffusée plus largement et vendue 1,25 £ (équivalent de 5 euros à l'époque) à la sortie des concerts aux fans dont le nombre ne cesse de croître. Elle décroche une critique de 19 lignes dans le numéro d'août 1981 du célèbre magazine anglais Sounds, ce qui constitue officiellement la toute première référence à Marillion dans la presse musicale. Ironiquement, la démo sera toutefois refusée par la totalité des labels ciblés, y compris EMI. Devant cet échec, Brian Jelliman puis Diz Minnit imitent alors Doug Irvine: malgré des concerts de plus en plus remarqués, ils quittent en effet le groupe en 1981 et sont remplacés respectivement par Mark Kelly (ex-Chemical Alice) aux claviers puis Pete Trewavas à la basse. Avec une formation enfin stabilisée, Marillion n'a pas encore sorti d'album qu'il remplit déjà les salles de concerts sur Aylesbury et la scène londonienne où les prestations se multiplient.

    Saliva Tears Tour et signature avec EMI (1982)

    Afin d'étendre sa renommée, Marillion qui n'a toujours aucun contrat discographique monte en novembre 1981 le Saliva Tears Tour qui se poursuivra jusqu'en août 1982, et qui comprend près d'une centaine de dates dans tout le Royaume-Uni, dont 30 concerts en Écosse. Après une première série d'une vingtaine de dates dans le sud de l'Angleterre fin 81, le Saliva Tears reprend à Londres le 3 janvier 82 par le tout premier concert du groupe au Marquee, le club mythique de Wardour Street, alors moyennement rempli. Mais le bouche-à-oreille fonctionne à plein régime, la presse flaire un phénomène (le groupe décroche une première chronique de concert "sympathique" quoiqu'un brin condescendante dans Sounds,, Marillion étant présenté comme un groupe d'étranges baba-cools surgis du passé, et est invité dans la foulée au Friday Rock Show sur la BBC), et un succès croissant va accompagner cette tournée à travers tout le Royaume-Uni, ce qui pousse EMI à finalement signer Marillion au cours de l'été 82. Le groupe d'abord managé bénévolement par David Stopps, le patron du Friars Aylesbury, avait ensuite confié sa destinée à John Arnisson, engagé d'abord pour une période d'essai de 3 mois, qui finalement dureront 16 années. Le Saliva Tears Tour se terminera ainsi en août par un retour triomphal à Londres et un dernier concert sold-out au Marquee, avant la signature du contrat chez EMI.

    Marillion avait édité entre-temps une seconde K.7. démo 3 titres, The B.B.C Session (Three Boats Down, Forgotten Sons, The Web) en support de cette première vraie tournée nationale. Le magazine Sounds, encore lui, à l'issue d'un concert du groupe à Glasgow sera le premier à prédire alors un avenir brillant à Fish et à sa troupe, et ce malgré leurs tenues de scène dreadfully corny (lit. "horriblement ringardes": les musiciens étaient alors vêtus de grandes capes, façon secte apocalyptique). C'est cette tournée et les échos favorables dans la presse musicale britannique qui amènera les organisateurs du Reading and Leeds Festivals 1982 à prendre le risque de programmer Marillion, du jamais vu pour un groupe qui n'avait toujours pas le moindre disque dans les bacs. Le tout jeune Marillion se produit alors avec les gloires montantes de la scène heavy metal du moment (MSG, Iron Maiden, Manowar, Y&T, Twisted Sister, Mama's Boys) sans pourtant être rejeté par le public. C'est à l'occasion de ce concert très remarqué à Reading au mois d'août 82, devant plus de 45 000 personnes, que Fish annonce la signature du groupe chez EMI . Marillion avait auparavant joué au Theakston festival en support de Jethro Tull ce même mois d'août 82 devant 16 000 spectateurs, touchant déjà ainsi une audience élargie et préparant ainsi le public anglais à leur arrivée prochaine dans les bacs. En novembre 1982, le groupe sort donc enfin son premier single 2 titres chez EMI, suivi par une version étendue (Maxi 45 tours ou 12-inches à l'époque): Market Square Heroes contenant trois chansons (Market Square Heroes, Three Boats Down From The Candy et surtout Grendel, une suite musicale de 17 minutes). Les premières critiques sont plutôt bonnes même si le disque est catalogué «hard rock», un malentendu lié au concert de Reading et au fait qu'avec Sounds, c'est surtout le magazine de heavy-metal Kerrang! qui est le premier à les repérer et à les soutenir en Grande-Bretagne(si Market Square Heroes fait une entrée timide dans les charts britanniques en 60e position, le single atteint rapidement la 4e place au classement interne du magazine, et Marillion, qui n'a toujours sorti aucun véritable album, fera même la couverture de Kerrang! en novembre 82, constituant ainsi sa première Une historique dans la presse musicale,). Immédiatement après la sortie de son premier single, Marillion repart pour une nouvelle tournée britannique de 30 dates à l'automne 82, le Market Square Heroes Promo Tour, tournée qui se terminera fin novembre par un concert londonien au Venue à guichets fermés. Le succès est tel que Marillion devra encore rajouter en décembre trois concerts londoniens consécutifs, sold-out eux aussi, au Marquee de Londres en compagnie de Pendragon, Solstice et Dagaband pour clôre définitivement cette année 1982 au cours de laquelle le groupe aura donné un nombre record de 114 concerts,.

    Script for a Jester's Tear (1983) et Fugazi (1984) : premiers albums et montée en puissance

    Après avoir sorti quelques autres singles, le groupe sort en 1983 son premier album, Script for a Jester's Tear, qui atteindra la 7e place dans les charts britanniques, un score remarquable étant donné l’hermétisme des textes et la complexité structurelle des morceaux (mis à part les singles Garden Party (classé n°16 au UK Singles Chart) et He knows you Know (n°35), les morceaux affichent une durée moyenne peu commerciale de 8 à 9 minutes), alors que la mode est soit à la NWOBHM (New wave of British heavy metal, portée par des groupes comme Iron Maiden, Def Leppard ou Saxon), soit à la new wave alors naissante. La pochette, dessinée par Mark Wilkinson, accentue le côté théâtral de l'album. Les premières critiques sont tout d'abord assez valorisantes pour le groupe, certains n'hésitant pas à dire que Marillion a créé un nouveau style : le rock néo-progressif. D'autres voient le groupe comme la relève du rock progressif et Script for a Jester's Tears devient disque de platine en Angleterre, avec plus de 300 000 copies vendues, un score remarquable pour un premier album. Un peu agacé par les comparaisons au Genesis des années 1970, Fish finira par téléphoner un soir à Peter Gabriel pour lui demander son avis - lequel le félicitera pour ce premier album les encouragera à continuer dans cette voie. Marillion sera élu "Meilleur nouveau groupe de l'année 1983" par les lecteurs de Sounds magazine, augurant ainsi de l'implantation durable du groupe sur la scène britannique.

    Mais très vite les critiques, dévalorisantes cette fois-ci, fusent. Les premières viennent de la part de la presse musicale, le New Musical Express en tête, qui ne voit en Marillion qu'une « pâle copie » de Genesis avec un répertoire encore trop modeste pour tenir la route en concert. En France, le magazine Rock & Folk est particulièrement virulent, et n'aura de cesse, jusqu'en 1987, de démolir systématiquement tous les disques du groupe, accusé de n'être qu'un « Genesis du pauvre »,, (le magazine Les Inrockuptibles se chargera de prendre la suite dans les années 1990, Marillion ne répondant pas aux critères du musicalement correct en vigueur dans ce journal). Il est vrai que la voix de Fish ressemblait alors beaucoup à celle de Peter Gabriel, que le titre Grendel rappelait étrangement la chanson Supper's Ready de Genesis, et que la théâtralisation du jeu de scène de Fish de l'époque évoquait le Genesis des premières années. Avec le recul, Mark Kelly expliquera du reste que ces remarques n'étaient sans doute pas toutes injustifiées. Les autres critiques viennent de la bourgeoisie anglaise qui n'apprécie guère le single Garden Party et son clip vidéo qui parodie la haute société et le petit monde universitaire de Oxbridge. Malgré ce, et à la suite de la sortie de son premier album, Marillion se permet le luxe de jouer à guichets fermés trois soirs de suite à l'Hammersmith Odeon, la salle mythique londonienne (équivalent du Zénith parisien à l'époque), nouvelle preuve de l'incroyable engouement que suscite la troupe de Fish auprès du public anglais. 1983 est également l'année des premières apparitions de Marillion sur la télévision britannique: un mini-concert est filmé en studio pour l’émission Oxford Road Show sur la BBC 2, et Fish donnera sa première interview sur Channel 4, le TF1 anglais.

    À la suite d'une nouvelle tournée au Royaume-Uni et après deux derniers concerts sold-out à l'Hammersmith Odeon de Londres, Mick Pointer se fâche avec le reste de la troupe, qui estime que son niveau technique ne cadre plus désormais avec le changement de dimension du groupe. Fish fera notamment cette analyse sans pitié: "Je n'ai jamais aimé son jeu. Ecoutez les [disques live] pirates, son sens du timing était juste horrible. Si le reste du groupe ne l'avait pas soutenu, il aurait dû en fait être foutu dehors dès la sortie de Market Square Heroes. Tous les autres musiciens progressaient, sauf lui." . Bien que seul membre-fondateur encore en place, Mick est donc viré en avril 83 et rapidement remplacé par Andy Ward (ancien batteur du groupe Camel), sans réelle audition, sa renommée étant jugée suffisante.

    Marillion avec son nouveau batteur donne son premier concert hors du Royaume-Uni le 21 mai 1983 à Mannheim (Allemagne de l'Ouest), pour un festival en plein air en compagnie de Gary Moore, Men at Work et avec Chris de Burgh en tête d'affiche. En juin, Marillion participe au Glastonbury Festival devant 30 000 spectateurs, suivi au cours de l'été 83 d'apparitions remarquées à quelques festivals Européens en plein-air en Allemagne, au Danemark et aux Pays-Bas. Le groupe fait une nouvelle apparition tout aussi remarquée à la télévision anglaise (Old Grey Whistle Test, BBC2) en interprétant Forgotten Sons ainsi que pour l'émission culte Top of the Pops également sur la BBC pour y jouer une version playback de Garden Party, avant de partir en tournée d'une vingtaine de dates aux États-Unis et au Canada au mois de juillet 83. Cette première tournée sera toutefois désastreuse au vu des réactions du public américain qui sifflera copieusement le groupe à chacune de ses prestations. Andy Ward, qui venait d'arriver au sein du groupe, sera rapidement congédié pour addiction alcoolique et troubles bipolaires. Il est alors remplacé par John "Martyr" Marter (Marillion alignera pendant une courte période deux batteurs sur scène, Andy Ward et John Martyr aux percussions). Le groupe retourne en Europe fin août pour se refaire une santé en jouant à Liverpool et surtout au festival de Reading, mais cette fois-ci en partageant le haut de l'affiche avec Black Sabbath avant de repartir donner 6 concerts en première partie de Rush au Radio City Music Hall de New-York, devant encore une fois un public oscillant entre perplexité et franche hostilité. Marillion congédie alors John Martyr, jugé techniquement limité, et le remplace aux fûts par Jonathan Mover, un jeune batteur américain de 19 ans. Marillion ne donnera qu'un seul concert avec ce nouveau membre fin 83 en Allemagne car lors des premières séances d'écriture de son second album, un conflit violent éclate entre Jonathan et Fish sur la ligne rythmique de Punch & Judy. Fish menaçant de quitter le groupe si Jonathan reste, ce dernier est rapidement congédié et Marillion recrute alors Ian Mosley (ex-Steve Hackett Band) d'abord comme session-drummer afin de pouvoir finir le maquettage et l'enregistrement de son second L.P., avant d'en faire un membre à part entière. Un article éloquent et très documenté sur la période tourmentée qu'a traversé Marillion avec ses différents batteurs jusqu'à la sortie de Fugazi a été publié sur Loudersound - illustrant la crise de croissance d'un jeune groupe devant confirmer le succès inattendu de son premier album par la sortie d'un nouveau disque que tout le monde, presse comme public, attendait au tournant.

    Le 12 mars 1984, Marillion sort donc son deuxième album, Fugazi. Ce nouveau disque dépassera Script dans les charts en Angleterre (4ème position) même si un peu paradoxalement les ventes globales au Royaume-Uni lui seront finalement inférieures. L'album plaira notamment aux amateurs de hard rock grâce à des morceaux très incisifs comme les hits Assassing et Punch And Judy, qui atteindront les 29e et 22e places dans les classements des singles britanniques, l'album étant lui certifié Gold avec plus de 100 000 exemplaires vendus en Angleterre. Ce second album donne lieu à la première tournée européenne de Marillion (le groupe n'avait encore effectué que quelques participations à des festivals durant l'été 1983 en support de Script). Une série de dates est programmée en Allemagne, Hollande, Suisse, Suède et Danemark. C'est le 11 avril 1984 que Marillion donne officiellement son premier vrai concert en France, à l'Eldorado de Paris; le groupe participe également le 14 juillet au Festival Elixir de Saint-Pabu dans le Finistère avec les Stray Cats et Nina Hagen en tête d'affiche,.

    Le mini-live Real-to-Reel enregistré en Angleterre et au Canada au cours du Fugazi Tour sort à l'initiative d'EMI, essentiellement pour enrayer la profusion de bootlegs ou disques pirates live, au Royaume-Uni. De façon assez inattendue, ce mini-Live est un énorme succès auprès du public et renforce considérablement la popularité du groupe en touchant de nouveaux fans partout en Europe. La tournée Fugazi à peine achevée, une nouvelle mini-tournée européenne est organisée en support de Real-to-Reel, dont pour la première fois en France plusieurs concerts en province (Strasbourg, Nancy, Brest, Nantes, Lyon et Clermont-Ferrand, quelques fans présents au sound-check assistant à la reprise de la totalité de Relayer de Yes par le groupe). À Paris, le concert initialement prévu au Casino de Paris est finalement reprogrammé à l'Espace Balard, d'une plus grande capacité, en novembre 1984, et sera partiellement diffusé sur la bande FM. L'Europe du Sud (Espagne, Portugal, Italie) est enfin visitée. Sur les derniers concerts de la tournée européenne de Fugazi, Marillion joue chaque soir sur scène une chanson à tiroir de plus de 15 minutes que Fish présente comme Misplaced Childhood - side 1. Il s'agit en fait du triptyque Kaykeigh / Lavender / Heart of Lothian avec des paroles et des arrangements légèrement différents de la version définitive qui paraîtra sur l'album suivant. Cette habitude de tester certains titres en live avant de les enregistrer en studio témoigne du fait que Marillion était avant tout un groupe de scène (diverses versions d'Incubus et Assassing ont ainsi été jouées sur la fin de la tournée Script (le fameux Farewell to '83 Tour) avant de se retrouver sur l'album Fugazi).

    Misplaced Childhood (1985) : l'album-culte

    En 1985, après s'être associé au prestigieux producteur Chris Kimsey (producteur des Rolling Stones et Johnny Hallyday, entre autres), le groupe sort Misplaced Childhood, son album le plus connu, qui demeure généralement aujourd'hui encore le disque cité spontanément lorsque l'on évoque Marillion,,. Pour la première fois, Marillion ne produit pas son disque en Angleterre (l'album a été enregistré à Berlin) et atteint la 1re place des Charts britanniques, porté notamment par les trois singles Kayleigh, Lavender et Heart Of Lothian. Au delà de l'Angleterre, Misplaced Childhood atteindra également le Top-10 de la plupart des Charts européens, permettant au groupe de véritablement s'internationaliser. Marillion écoulera notamment plus d'un demi-million de copies de Misplaced Childhood dans la seule Allemagne de l'Ouest. Un tel succès n'était pas vraiment prévisible car il s'agit d'un album-concept sur l'enfance a priori difficile d'accès, beaucoup de titres contenant des références autobiographiques propres à Fish et donc assez hermétiques. La presse américaine fait l'éloge de l'album, le considérant comme « le meilleur album-concept de la décennie». Misplaced Childhood entre au Top-50 du Billboard américain (47° position), ce qui constitue, aujourd'hui encore, leur plus grand succès discographique outre-Atlantique.

    Le groupe à partir de 1985 change véritablement de stature avec cet album, et commence alors une série de tournées de plus en plus importantes avec une logistique désormais imposante. Marillion acquiert véritablement le statut de stars au Royaume-Uni, où le groupe volera presque la vedette au groupe ZZ Top lors du festival des Monsters of Rock de Castle Donington, pourtant consacré traditionnellement au hard rock, Marillion se produisant alors après Metallica et Bon Jovi. L'année 1985 sera donc l'année de la consécration pour Marillion qui connaîtra dès lors un succès international. Le groupe joue en Israël et s'envole pour sa première tournée au Japon. 1985 est également l'année de la seconde vraie tournée française (Mulhouse, Lyon, Toulon, Nice, Toulouse). En novembre, Marillion joue pour la première fois au Zénith à Paris, devant une foule extatique. La presse musicale française, prise de court, semble enfin découvrir ce groupe, capable de remplir le Zénith dans sa configuration maximale et y rassembler 6 500 fans avec un soutien promotionnel minimaliste de la part d'EMI France. Le magazine mensuel Best avec Hervé Picart et le magazine de hard rock Enfer Magazine ouvrent désormais régulièrement leurs pages à Marillion, contribuant à accroître l'assise des fans en France. Il est à noter toutefois que la popularité de Marillion en France, même à son plus haut niveau (1985-1990), sera toujours en deçà de celle qui est la sienne dans d'autres pays européens tels la RFA ou les Pays-Bas. Marillion tourne habituellement sur une demi-douzaine de dates en France, quand des tournées de 10 à 15 concerts sont régulièrement organisées en Allemagne ou au Benelux, une différence toujours marquée aujourd'hui. Début 86, Marillion part pour une nouvelle tournée nord-américaine d'une trentaine de dates, en partie en ouverture des canadiens de Rush, devant cette fois-ci un public bien plus réceptif. De retour en Europe, le groupe effectue en Juin et Juillet 1986 une mini-tournée européenne de douze dates coïncidant avec quelques festivals d'été, le Welcome to The Garden Party Tour (Milton Keynes, Mannheim, Berlin, Milan, etc.) qui, pour beaucoup, représente la quintessence de leur art. Marillion entre sur scène avec Garden Party puis joue la totalité de Misplaced Childhood sans interruption, avant d'enchaîner tous leurs morceaux standards. Finalement, le groupe se produira devant plus de 400 000 spectateurs cumulés sur l'ensemble de cette mini-tournée, certains festivals rassemblant plusieurs dizaines de milliers de fans. En France, Marillion joue ainsi avec Level 42 et Queen à l'Hippodrome de Vincennes le 14 juin 1986, devant plus de 40 000 personnes. A Mannheim et toujours avec Queen, 85 000 spectateurs se sont rassemblés,. Au Milton Keynes Bowl, ce sont plus de 60 000 fans qui se réunissent le 28 Juin 1986 pour supporter le groupe cette fois-ci en tête d'affiche, et ce concert reste, encore aujourd'hui, la référence du Marillion au sommet de sa gloire et de sa popularité,.

    Clutching at Straws et premières tensions (1987)

    Des tensions commencent à apparaître dans le groupe, Fish étant de plus en plus considéré comme le leader par la presse, les musiciens étant relégués au rang de backing-band. EMI pousse par ailleurs Marillion à retourner rapidement en studio, pour profiter de l'incroyable succès de Misplaced Childhood, l'album restant dans le top-ten de la plupart des charts européens en 85/86. Les premières sessions sont toutefois conflictuelles et une première mouture de l'album passe aux oubliettes (il faudra attendre 12 ans pour qu'EMI ressorte ces premières bandes à l'occasion de la réédition du catalogue du groupe). Cette première version avortée n'apaise pas les tensions à l'intérieur de Marillion. C'est pourtant dans cette période instable que la formation accouche finalement dans la douleur de son 4e album. Clutching at Straws sort en 1987, après des sessions d'écriture et de maquettage particulièrement agitées au studio de Barwell Court puis Brighton Road, le groupe enchaînant les nuits de beuveries et de consommation de stupéfiants. C'est un album plus sombre, et sans doute également plus rock et plus accessible que le précédent que vient de sortir Marillion,. L'album se place seconde meilleure vente après Misplaced Childhood, toutes périodes confondues, ce qui fait dire à Fish - qui quittera le groupe à l'issue de la tournée- dans un grand moment de clairvoyance, "Nous sommes là pour de nombreuses années encore !". Pour la première fois, un sixième musicien est crédité sur l'album, la choriste Tessa Niles, et Clutching at Straws devient rapidement disque de platine en France (120 000 copies), leur plus grosse vente à ce jour dans l'hexagone. Les boites de nuit et les radios françaises, NRJ en tête, vont même jusqu'à diffuser le single Incommunicado en boucle pendant l'été 87.

    À la fin de juin 1987, le groupe démarre une mini-tournée en Europe continentale qui débute par 5 dates en Pologne et qui culmine le 19 juillet par un concert en Allemagne, devant une foule estimée à plus de 20 000 personnes, près du site mythique de la Lorelei. Ce dernier concert fait l'objet d'un enregistrement et sort en vidéo en 1988. Cinq dates sont prévues en France (Zénith de Paris, Antibes, Toulon, Annecy, Marseille), un sixième concert à Lyon en plein air est annulé du fait d'une météo désastreuse. À la surprise générale et à la grande perplexité de beaucoup de fans, une choriste britannique, Cori Josias accompagne Marillion sur scène et assure les chœurs féminins de Clutching at Straws ainsi que sur quelques autres titres historiques de la set-list tel Fugazi. Fish, le dernier célibataire de la troupe, se marie selon la tradition écossaise en juillet 1987 avec Tamara, la figurante qui jouait dans le clip Kayleigh. Marillion retourne en Amérique pour une série de 20 concerts qui rencontrent un succès croissant, même si leur popularité aux États-Unis n'égale pas celle qui est la leur en Europe, et n'est en rien comparable à celle d'autres jeunes groupes comme U2 qui eux remplissent déjà les stades à cette même époque. Marillion pour sa part joue essentiellement dans les clubs de la côte Est, réputée plus intellectuelle, et au Canada, avant de rentrer en Europe. Le groupe est une victime indirecte aux USA de ce qui fut appelé le "Payola Scandal": des cadres de Capitol Records, la maison de disque qui gérait la promotion de Marillion aux USA, sont accusés de collusion avec des groupes mafieux - les médias US blacklistent alors les artistes de Capitol Records, de crainte d'être accusés de toucher des pots-de-vin pour assurer leur diffusion - entrainant ainsi la disparition subite de Marillion dès 1986 des playlists des radios nord-américaines.

    Consécration internationale - Marillion remplit Bercy (1987)

    De retour en Angleterre, le groupe sort coup sur coup le single Warm Wet Circles/White Russian (live), qui se classe à la 23e place des charts, ainsi qu'une biographie intitulée Market Square Heroes et la vidéo Live At Lorelei. Le groupe recommence une tournée européenne qui débute le 3 novembre par trois concerts au Wembley Arena dont le dernier est un concert de charité devant les membres de la famille royale anglaise, le Prince Charles les félicitant en loge à l'issue du concert. Pour ce même concert, Marillion est rejoint par des invités comme Bruce Dickinson, Janick Jers ou Nicko McBrain d'Iron Maiden. Le groupe part ensuite pour la Belgique, la Hollande, le Danemark, la Norvège, la Suède, l'Allemagne, et la France (Mulhouse, Metz, Strasbourg, Lyon, Toulon, Toulouse, Pau, Nantes) pour finir par des concerts en Angleterre et en Écosse. Le vendredi 14 décembre 1987, Marillion remplit pour la première et probablement unique fois de sa carrière le Palais omnisports de Paris-Bercy (17 000 personnes, son plus grand concert en France en tête d'affiche), concert diffusé en direct sur RTL par Francis Zégut dans l'émission culte RTL-Live.

    Épuisé par les près de 90 concerts donnés entre Avril et Décembre 1987, les tensions dans le groupe deviennent très fortes, mais le succès est tel que de nouvelles dates de concerts sont rajoutées. Fish connaît en parallèle des problèmes de santé (largement dévoilés dans le morceau autobiographique Torch Song sur l'album Clutching at Straws), et se voit recommandé par les médecins de lever le pied, sous peine de perdre définitivement sa voix. Le management du groupe, John Arnisson en tête, en accord avec les quatre autres musiciens, maintient toutefois la totalité de la trentaine de dates prévues sur le premier semestre 1988, ce qui contribue à isoler un peu plus Fish du reste de la troupe,. En janvier 1988, EMI, sous la pression du fan-club anglais The Web dont les membres se ruinent à acheter des inédits en faces B des singles, sort B-Sides Themselves, une compilation des chansons non-incluses dans les albums. Les concerts sont de plus en plus rapprochés, le groupe tourne intensément au premier semestre en Grande-Bretagne, Allemagne, Italie, dans les îles Anglo-Normandes et au Luxembourg.

    Le groupe participe le 4 avril 1988 au Printemps de Bourges, ce qui constituera la dernière apparition de Marillion avec Fish sur une scène Française, situation assez ironique car c'est également à Bourges que le groupe aurait donné de façon improvisée son premier mini-concert en France, en avril 84. Fin Avril, Marillion donne un concert privé au Marquee de Londres à l'occasion de la première convention organisée par son fan-club the Web - ce sera la dernière fois que le groupe se produira dans ce club légendaire qui avait vu ses débuts sur la scène anglaise. Fish sans Marillion, accompagné entre autres de Mark Kelly, Phil Collins, Midge Ure chante le 11 juin 1988 la chanson Kayleigh devant l'immense foule qui s'est réunie à Wembley pour fêter l'anniversaire du leader sud-africain Nelson Mandela. Une semaine plus tard, le groupe au complet mais sans sa choriste s'envole pour donner un concert devant 95 000 personnes à Berlin-Est, une prestation diffusée en direct sur la télé est-allemande. Ce concert reste aujourd'hui encore la plus grosse audience du groupe en tête d'affiche, un record à nuancer par le fait qu'avant la chute du Mur de Berlin, n'importe quel concert de rock à l'Est prenait l'allure d’événement et rassemblait systématiquement 100 000 personnes. Le succès de Marillion depuis Misplaced Childhood et leur statut de stars devient de plus en plus difficilement gérable du fait de la pression que cela génère désormais. Fish confessera plus tard: "À partir de 1985, nous avons été envoyés dans l'hyper-espace [ ? ] l'idée même qu'il fallait qu'on écrive un nouvel album et les responsabilités que cela impliquait me tordait le ventre de panique" .

    Départ de Fish (1988)

    Début juillet, le groupe cesse tout concert et s'enferme dans un manoir écossais à Dalnaglar, dans les Highlands, pour travailler sur un nouvel album, Vigil In a Wilderness Of Mirrors. Le 23 juillet 1988, Marillion donne un concert à Saint Andrews en Écosse pour le projet caritatif Fife Aid, sous un véritable déluge,. Aucun des 25 000 spectateurs présents ne se doute encore qu'ils assistent là au dernier concert de Marillion avec Fish au micro. Le groupe retourne très vite en studio, mais le chanteur et le reste des musiciens ne s'entendent décidément plus sur le plan musical et surtout relationnel, si bien que le 15 septembre 1988, Marillion annonce officiellement via un communiqué de presse commun, mais manifestement rédigé en fait par le service juridique de E.M.I., tant les termes policés et bienveillants employés sont éloignés de la réalité de la situation relationnelle au sein du groupe, que Fish poursuivra désormais une carrière en solo. Il faudra attendre 2003, et quinze ans d'apaisement des tensions pour que Fish dévoile dans une interview au Edinburgh Evening News, que la principale motivation de son départ n'était pas de nature artistique, mais liée à un conflit avec le management de John Arnisson qui touchait 20 % des recettes des concerts, ce qui le conduisait à organiser pour Marillion des tournées de plus en plus gigantesques et intensives, sans se préoccuper de l'état physique et moral des membres du groupe. Fish confesse qu'à ce rythme, son avenir inéluctable avec Marillion aurait sans doute consisté à le retrouver un jour mort d'overdose dans une grande maison d'Oxford - quitter le groupe avait été pour lui un ultime réflexe de survie. Le très méconnu Tux-On, simplement sorti en face-B du single Sugar Mice en 1987 et racontant la gloire naissante, depuis les clubs locaux jusqu'aux stades, la déchéance et enfin le suicide d'une star du rock, relève à cet égard probablement de l'écriture cathartique. Dans une interview donnée en 2009, Mark Kelly confirmera que les dissensions artistiques étaient finalement mineures lors du départ de Fish, et que c'est essentiellement sur le plan relationnel que la situation était devenue ingérable. Selon le même Mark Kelly, leur management et E.M.I auraient été plus inspirés en fait de leur accorder en 1988 une année sabbatique pour recharger leurs batteries plutôt que d'enchaîner les concerts et les enfermer finalement dans un studio au beau milieu de nulle part, ce huis clos rendant le split inévitable. De façon assez ironique quand on sait l'antagonisme qui opposait le claviériste au chanteur à cette époque, Fish fera de son côté une analyse étonnamment similaire sur la nécessité d'accorder au groupe une année sabbatique: "Nous étions des camarades. Mais nous étions si éloignés les uns des autres. John Arnison aurait dû dire: Partez tous pour un an - Fish, va faire du théâtre, Steve, écris une bande originale de film." Le chanteur expliquera en 1999 que les paroles de That Time of the Night, rédigées après une n-ième nuit de beuverie pendant les sessions de Clutching at Straws, contenaient clairement l'annonce de sa prochaine démission du groupe. Dans une longue interview donnée en 2020 à l'émission néerlandaise Face-Culture, Fish reviendra sur les problèmes de starisation et de mauvais management ayant entrainé sa décision de quitter Marillion. Une excellente traduction française d'un article très complet de Dave Everley publié originellement en 2017 dans Prog Mag et Louder retrace, témoignages à l'appui, le long enchaînement des évènements depuis la genèse de Clutching at Straws ayant abouti en 1988 à la scission du groupe. Fish aura cette conclusion un peu amère: "Les deux meilleures décisions que j'ai prises dans ma carrière de chanteur sont la première d'avoir rejoint Marillion, et la seconde, d'avoir quitté Marillion".

    Un dernier double album live, largement remixé en studio et un peu boudé des fans, est hâtivement sorti par la maison de disques: The Thieving Magpie (un clin d’œil à La Gazza Ladra de Rossini qui servait d'entame aux concerts des dernières tournées Misplaced Childhood puis Clutching), qui fait le bilan de sept années exceptionnelles qui ont marqué la scène européenne et toute une génération de fans. Marillion a démontré sur cette période que produire une musique qui va à l'encontre des standards commerciaux de l'époque peut être néanmoins commercialement viable pour une major-company, et que tourner le dos au formatage des chansons de 3 à 4 minutes n'est pas incompatible avec le remplissage des salles de grande capacité et la vente de millions d'albums. Il n'est pas sûr que Radiohead puis Muse aient pu être à leur tour signés par des Major Companies et exploser comme ils l'ont fait dans les années 2000 et 2010 si Marillion et Fish n'avaient pas fait cette démonstration fondatrice dans les années 1980 .

    En septembre 1988, Marillion se produit en Hollande, à l'invitation du fan-club néerlandais Freaks, pour un premier concert instrumental à Rotterdam, puis à Utrecht en novembre, le chant étant alors assuré en partie par Peter Trewavas qui jusqu'alors n'intervenait que sur certains vocaux de Fugazi, et qui confirme à cette occasion qu'il avait effectivement fait le bon choix en décidant de devenir bassiste, et non pas chanteur. Le mois suivant, Marillion donne un concert privé à Liverpool au Royaume-Uni à l'initiative du fan-club anglais The Web avec Dave Lloyd, le chanteur de Rage, une prestation jugée guère convaincante, mais le groupe explique qu'il s'agissait là d'un dépannage amical. Marillion cherche à recruter par simple petite annonce ("Marillion - vocalist required") dans le magazine Melody Maker son nouveau chanteur. Des dizaines de K.7. parviennent au groupe, et une série d'auditions est organisée par E.M.I. avec les prétendants qui systématiquement tentent de singer Fish, y compris vestimentairement, alors que Marillion conscient de la nécessité de tourner la page cherchait un vrai nouveau chanteur, et non pas une improbable doublure. C'est finalement Darryl Way de Curved Air qui oriente les musiciens sur un jeune chanteur-claviériste qu'il connait bien et dont le groupe, The Europeans (en), vient de spliter. Tout juste papa, ce chanteur envisage de laisser tomber la musique pour devenir laitier et subvenir aux besoins de sa famille, avec une profession stable et rassurante. C'est ainsi que Steve Hogarth rejoint finalement Marillion après une audition improvisée dans le garage de Pete Trewavas. Malgré le talent indéniable de Steve Hogarth, le groupe ne réussira toutefois jamais à retrouver l'immense succès des années précédentes. Du fait du statut charismatique de son premier chanteur, Marillion connaît dès lors d'incessants débats entre les pro-Fish et les pro-Hogarth, comme ceux de Genesis avec le départ de Peter Gabriel, dernier clin-d’œil aux similitudes entre ces deux groupes.

    Symbolique de Marillion avec Fish

    Les pochettes de premiers albums de Marillion ont toutes été dessinées par l'illustrateur anglais Mark Wilkinson. Elles ont en partie contribué à la popularité du groupe et Mark Wilskinson est considéré comme un pionnier de l'airbrush painting, ou aerographe. Visuellement très élaborées, elles mettent en scène des personnages imaginaires créés par Fish (après le départ du chanteur, Mark Wilkinson illustrera du reste la plupart de ses albums solos ).

    Le premier personnage créé est le Jester (« Bouffon » en anglais). Cher à Fish, il représente l'artiste/interprète/auteur, maître du mensonge et de l'illusion, vêtu d'habits très colorés et portant un bonnet à grelot. Certains lui trouvent une ressemblance avec Fish. Le Jester est présent sur une demi-douzaine de pochettes d'albums et singles.

    Le deuxième personnage est le Child («l'Enfant» en anglais). Il apparaît vers 1985, date à laquelle Marillion sort son 3e album intitulé Misplaced Childhood et dont le thème principal est l'enfance. Il est vêtu d'un habit rouge, similaire à ceux des tambours de l'armée (le garçon ayant servi comme modèle n'est autre que le fils des voisins de Mark Wilkinson et ce choix vestimentaire est du à la fascination de Fish pour les habits militaires) et apparait sur tous les visuels de la période Misplaced.

    Le dernier personnage est Torch, un écrivain alcoolique raté en manque d'inspiration et apparait sur l'album Clutching at Straws et quelques singles, où la ressemblance avec Fish est frappante, même si c'est Jack Kerouac (Sur la route, préfigurateur des clochards célestes et influence majeure de Fish comme romancier) qui est mis en valeur sur la pochette de l'album. Ian Mosley s'est également prêté comme modèle (le débat relatif à l'identité réelle de l'ange de la pochette n'est pas tranché, mais il s'agit très probablement de Ian Mosley sur le single Incommunicado, le tour-book et les affiches de concert/T-shirts de la tournée).

    Fish reprendra sur scène ces divers personnages en arborant des maquillages et portant divers costumes rappelant les illustrations des singles et des albums du groupe et ce jusqu'à la dernière tournée Clutching at Straws , la critique y voyant là un autre point commun avec le Genesis de Peter Gabriel.

    Après le départ de Fish et avec l'arrivée du nouveau chanteur Steve Hogarth, tous ces symboles et personnages disparaissent. Il subsiste néanmoins quelques références à cette imagerie sur Seasons End qui est également la dernière pochette d'album à utiliser le logo historique du groupe (contrairement à ce qui est généralement pensé, le célèbre logo originel et alambiqué de Marillion apparu fin 1982 n'est pas de Mark Wilkinson mais plutôt l'œuvre de Jo Mirowski, un designer de Torchlight Creative & Marketing Services. A noter que le premier logo de Marillion du Saliva Tears tour en 1982 est l'œuvre de Chris "Privet" Edge, l'ingénieur du son du groupe - Diz Minitt ayant dessiné lui les graphismes d'accompagnement, qui ornaient également les étranges tenues de scène du groupe (les fameux "old potatoes sacks" moqués par le magazine Sounds) sur la période 81/82).

    Les visuels de Mark Wilkinson seront régulièrement repris, notamment lors de l'édition de Best-Of reprenant des morceaux de l'ère Fish. La totalité de l'œuvre de Mark Wilkinson, au-delà de sa contribution pour illustrer les disques de Marillion ou Fish, est accessible sur son site. Un ouvrage dissèque par ailleurs l'univers graphique créé spécifiquement pour Marillion, "Masque - The Graphic World Of Mark Wilkinson, Fish And Marillion" (Babel Books/Musea Distribution). Outre son travail pour Marillion et Fish, Mark Wilkinson a également travaillé à partir de la fin des années 80's et continue aujourd'hui de collaborer avec les groupes de heavy metal britannique Judas Priest et Iron Maiden, et a également conçu les visuels de nombreux festivals consacrés au hard rock, notamment le Monsters of Rock de Castle Donington.

    Continuité et changements (1989-1996)

    Alors que les fans et la critique sont dans l'expectative, Marillion sort Seasons End à la fin de l'année 1989, un album qui à la surprise générale s'avèrera un succès complet. Sans se renier musicalement (Berlin et surtout The Space entrent immédiatement dans la liste des classiques progressifs du répertoire du groupe, tandis que Season's end et Easter font partie des titres incontournables que Marillion inclut encore quasi systématiquement dans ses set-lists, 30 ans après leur sortie), Marillion arrive à se renouveler dans la continuité, mais beaucoup des compositions ont été écrites du temps de Fish (lors de la réédition de Clutching at Straws en double-CD par EMI en 1999, Marillion ressort les premières bandes des sessions de l'album enregistré en 1987 à Nettlebed (Reading) puis Dalnaglar mais jamais sorties, et les fans découvrent alors un curieux mélange de bouts de musique de Seasons End sur lequel Fish chante parfois les paroles de son propre premier album solo Vigil in a Wilderness of Mirrors). Steve Hogarth, le nouveau chanteur que tout le monde attend au tournant, s'impose vocalement, tant sur l'album que sur scène, comme un chanteur magnifique, sans doute moins charismatique que Fish mais au registre vocal bien plus étendu et flexible. La seule baisse de qualité patente réside dans les textes, que beaucoup jugent désormais bien loin de la poésie symbolique de Fish. Marillion du reste n'hésite pas à faire appel à un parolier externe sur ses disques, nouveau coup dur pour le fan-core historique qui voit là une trahison de l'esprit Marillion. La tournée Seasons End est toutefois un énorme succès en Europe et en Amérique du Sud, et la popularité de Marillion semble alors intacte malgré le départ de Fish. Seasons End reste à ce jour le dernier disque de Marillion primé par la British Phonographic Industry, le syndicat du disque anglais. L'album est certifié disque d'or au Royaume-Uni (soit plus de 100 000 exemplaires vendus, Script et Misplaced étant pour leur part certifiés disques de platine avec plus de 300 000 copies vendues chacun en Angleterre). C'est à cette période qu'apparait le premier fan-club français de Marillion, Blue Angel, une structure d'abord totalement indépendante qui sera rapidement reconnue par Marillion et E.M.I. France.

    Le groupe enchaîne alors avec Holidays in Eden en 1991. Cet album marque un tournant assez pop dans le style du groupe, bien que cette tendance ne soit pas nouvelle (tels Kayleigh et Lavender, fers de lance du succès du groupe auprès d'un très large public au Royaume-Uni). Le choix de Chris Neil comme producteur (Céline Dion, Bonnie Tyler, A-Ha, Cher), appuyé par EMI, n'est sans doute pas étranger dans cette nouvelle orientation musicale. Même les morceaux les plus ambitieux musicalement du groupe ne s'articulent plus vraiment autour des ruptures de rythme chères au rock progressif du Marillion des années 1980, mais plutôt autour de rythmes lents, voire contemplatifs, qui vont en crescendo avant d'exploser. Paradoxalement, Holidays in Eden présente les caractéristiques musicales attendues avec Season's end au moment de l'arrivée de Steve Hogart et son passé pop avec les groupes The Europeans et How We Live. Si ces deux albums étaient sortis dans un ordre inversé, il est probable que la critique et les fans auraient unanimement salué le spectaculaire redressement artistique de Marillion après le départ de son leader charismatique. À l'exubérance de Fish succède la rage contenue de Steve Hogarth, et le changement n'est finalement pas si radical, l'évolution musicale du groupe se faisant toujours avec une certaine cohérence. Malgré cela, beaucoup de fans ne voient pas d'un bon œil le nouveau style du groupe dévoilé par cet album. Certains n'acceptent pas la nouvelle orientation pop de Holidays in Eden, et d'autres vont même jusqu'à reprocher au groupe de tout faire pour renier le passé dont le changement du logo et l'abandon de toute la symbolique des pochettes dessinées par Mark Wilkinson (en l'occurrence, la pochette de Holidays est pourtant considérée à ce jour comme l'une des plus belles du groupe, et il est à noter que Marillion avait déjà abandonné son célèbre logo emblématique sur Clutching at Straws, alors que Fish était encore dans le groupe). Il est difficile aussi pour beaucoup de fans de faire le deuil des textes de Fish.

    Il est probable que le polissage manifeste de Holidays in Eden constitue alors une tentative pour prendre enfin pied sur le marché américain, où Marillion ne peut se prévaloir que d'un succès d'estime en jouant essentiellement dans des clubs, faute de programmation radio ou de passage sur MTV. Pete Trewavas racontera plus tard comment E.M.I., obsédé par la nécessité de sortir au moins trois singles diffusables en radio sur cet album, dépêchait régulièrement Nick Garfield du département A&R ("Artists and Repertoire" des cadres désignés pour vérifier que la création d'un artiste colle bien avec le catalogue d'une maison de disque et atteindra en vente les projections faites par le département marketing) pendant les sessions d'écriture pour s'assurer que le « message » était bien passé. Cela s’avérera être une grave erreur de calcul, car le groupe avec Holidays in Eden se coupe de la base la plus loyale et historique de ses fans en Europe, sans pour autant changer de stature aux États-Unis, où il continue à jouer dans des clubs de moyenne capacité. Lors d'un concert au Ritz à New York, Marillion fait une fleur en offrant sa première partie à des fans ayant monté un groupe alors quasi inconnu, Dream Theater, qui explosera au niveau international et remplira les stades du monde entier deux ans plus tard. Par ailleurs, les relations entre Marillion et son ancien chanteur se dégradent de plus en plus, notamment sur le plan légal et la presse britannique se délecte de cet affrontement que Fish qualifiera plus tard ainsi: "On est entrés alors dans une phase horrible, avec tous les clichés possibles d'un divorce public".

    En 1992, alors que EMI avait pour projet de sortir The Singles Collection, un Best-Of Marillion couvrant la période 1983-1991, Fish proposera au groupe de retourner ensemble au studio Funny Farm avec le producteur Chris Kimsey pour y enregistrer Institution Waltz (un des premiers titres de Marillion jamais enregistré autrement qu'en support démo, et que le groupe interpréta sur scène pour la dernière fois en septembre 1982 au Marquee de Londres), afin de l'inclure dans cette compilation, et de jouer ensuite ensemble lors de festivals en Angleterre et en Allemagne sous la forme d'un double concert de chacun des groupes se terminant par un set commun sur scène. Les musiciens déclineront cette offre, la jugeant inopportune, ce qui n'améliorera pas les relations entre Fish et son ancien groupe.

    Brave et Afraid of Sunlight (1994-1995)

    Marillion revient au concept-album en 1994 avec le très ambitieux Brave, entièrement enregistré sur studio mobile installé au château de Marouatte dans le sud-ouest de la France, et album inspiré d'un fait divers relatif à la découverte d'une adolescente errant sur un pont autoroutier. L'idée de l'album vient de la rencontr



    Top Titres

    1 Kayleigh
    2 Lavender
    3 Kayleigh - 2017 remaster
    4 Pseudo Silk Kimono
    5 Garden Party
    6 Incommunicado
    7 Lords of the Backstage
    8 White Feather
    9 He Knows You Know
    10 Script for a Jester's Tear


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    Misplaced Childhood (2017 Remaster)
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